Décoder le Mental #Épisode 5 : Le stress, c'est utile
Pourquoi ton stress pré-course n'est pas ton ennemi
Clément MEROT
8/6/20262 min read


La veille d'une grande course, le cœur s'emballe. Le sommeil est agité. Les pensées tournent en boucle sur tout ce qui pourrait mal se passer.
Tu connais probablement ce ressenti. Et la bonne nouvelle, c'est que ce n'est pas un problème. C'est une préparation.
Un mécanisme de mobilisation, pas de danger
Ton cerveau détecte un enjeu important et prépare activement ton corps à l'effort à venir. Il libère de l'adrénaline, active ton système nerveux, affûte ton attention. C'est une réponse de mobilisation, pas une réponse de danger.
Le problème n'est donc pas le stress en lui-même. Le problème, c'est quand on ne sait pas quoi en faire.
Ce que les neurosciences nous disent sur les deux visages du stress
Hans Selye, l'un des premiers chercheurs à avoir étudié sérieusement le stress, distinguait deux états bien différents. L'eustress, ce stress positif qui mobilise, prépare à l'action et affûte les sens. Et le distress, celui qui paralyse, épuise et bloque.
La frontière entre les deux ne tient pas à l'intensité de la situation. Elle tient à l'interprétation que tu en fais. À niveau de stress physiologique identique, deux athlètes peuvent vivre une expérience radicalement différente selon la lecture qu'ils en font.
Nommer pour reprendre le contrôle
Une des clés les plus efficaces pour réguler son stress pré-course, c'est d'identifier précisément d'où il vient. Est-ce la nouveauté d'une distance jamais parcourue ? Le regard des autres ? Une forte implication personnelle dans cet objectif ? La peur de ne pas être à la hauteur de tes propres attentes ?
Nommer précisément la source de son stress, c'est déjà commencer à reprendre du pouvoir sur lui.
Ce que ça change concrètement
Avec les athlètes que j'accompagne, ce travail change souvent complètement la relation qu'ils entretiennent avec la période pré-course. Le stress ne disparaît pas, ce n'est ni l'objectif ni même souhaitable. Mais il cesse d'être vécu comme un problème à combattre pour devenir un signal à écouter et à utiliser.
L'exercice
La prochaine fois que tu sens le stress monter avant une échéance importante, pose-toi ces deux questions dans l'ordre.
D'abord : d'où vient précisément ce stress ? Nouveauté, regard social, enjeu personnel, doute sur ta préparation.
Ensuite : est-ce que ce stress te mobilise ou te paralyse ?
S'il te mobilise, c'est du carburant. Laisse-le faire son travail. S'il te paralyse, tu viens d'identifier ton véritable point de travail pour les prochaines semaines.
Le stress pré-course, bien compris et bien régulé, devient un avantage. Pas un obstacle.



