Décoder le Mental #Épisode 3 : Les objectifs de processus

Pourquoi viser un chrono sur un ultra, c'est risqué

Clément MEROT

7/23/20262 min read

Un objectif de résultat, comme finir en moins de 30 heures ou terminer dans le top 100, dépend de plein de choses que tu ne contrôles pas. La météo. La forme du jour. Les autres concurrents. Le terrain. Et sur un ultra, quelque chose déraille toujours.

Quand cet objectif s'effondre, tout s'effondre avec lui. La motivation, la confiance, et parfois la course entière.

Trois types d'objectifs, une seule différence fondamentale

Il existe trois types d'objectifs en course. Les objectifs de résultat, comme un classement ou un temps final. Les objectifs de performance, comme battre son record personnel. Et les objectifs de processus, comme rester dans sa zone d'effort cardiaque ou manger toutes les 45 minutes.

Les deux premiers dépendent de facteurs extérieurs que tu ne maîtrises pas. Le troisième ne dépend que de toi. Quoi qu'il arrive.

Ce que les neurosciences nous disent sur le contrôle perçu

Albert Bandura, psychologue et chercheur, a consacré des décennies à étudier ce qu'il appelait le sentiment d'efficacité personnelle. Cette croyance profonde que tu peux agir sur ta situation. Et ce qu'il a montré est fondamental : cette croyance ne vient pas des résultats obtenus. Elle vient de l'action elle-même.

Quand ton cerveau perçoit qu'il a du contrôle sur une situation, il reste en mode résolution de problème, calme et disponible. Quand il perçoit une perte de contrôle, il bascule en mode alerte et consomme une énergie considérable à gérer cette perte de repères.

La vraie résilience en course

Un athlète qui n'a que des objectifs de résultat est fragile, parce qu'il a confié sa performance à des éléments qu'il ne maîtrise pas. Un athlète qui travaille avec des objectifs de processus reste acteur de sa course quoi qu'il arrive. La météo change ? Il a encore ses objectifs de processus. Un concurrent le dépasse ? Il a encore ses objectifs de processus.

La différence entre subir sa course et en être acteur se joue souvent exactement là.

Ce que ça change concrètement

Avec les athlètes que j'accompagne, c'est l'un des changements les plus rapides à observer. Ceux qui ont travaillé leurs objectifs de processus avant une échéance vivent les imprévus différemment. Ils ne spiralent pas quand quelque chose déraille. Ils ajustent, parce qu'ils ont encore quelque chose de solide sur quoi s'appuyer.

L'exercice

Pour ton prochain objectif, mets le chrono de côté pendant une heure. Pose-toi cette question : comment est-ce que je veux courir, indépendamment du résultat final ?

Définis 3 à 5 objectifs de processus concrets et actionnables. Rester dans ta zone cardiaque. Manger toutes les 45 minutes. Marcher au-delà d'un certain pourcentage de pente. Sourire dans les montées.

Écris-les. Garde-les visibles en course si besoin. Et quand quelque chose déraille, reviens systématiquement à eux.

Le résultat, lui, suit souvent quand le processus est respecté.

Clément MEROT

Préparateur mental certifié en neurosciences

Passionné et expert en Endurance & Trail Running

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